• Portugal 2006

     
      

    Le samedi 13 mai vers 17h00, nous arrivons à Mérignac chez Marie-Madeleine qui nous prête très gentiment sa maison de vacances à Moinhos-de-Carvide (Portugal) J'en profite pour la remercier publiquement pour son amitié qu'elle m'a offerte spontanément.

     

      

       Moinhos, petit village situé à 7 km de l'océan, 130km au nord de Lisbonne, au bord d'une forêt classée; toutefois je ne l'ai pas trouvée sur le site de l'Unesco.

       Marie-Madeleine, 67ans, veuve depuis 3mois; très dynamique... Elle parle sans arrêt en mêlant le Français et le Portugais. Elle nous a préparé un succulent repas terminé par des fraises de son jardin. A la fin du dîner, nous avons la tête un peu fatiguée de tous ses discours, soudain elle regarde la pendule: 21h25. Elle nous dit sur un ton péremptoire: «-Allez vous coucher, vous avez besoin de vous reposer pour demain, moi je vais regarder la télé». Le ton si autoritaire que nous n'avons rien trouvé à répondre. Nous en avons bien ri. 

       Dimanche, après 1200km, nous arrivons à 21h locale (22h en France)  La petite maison de Marie-Madeleine. est jolie, toute blanche, restaurée récemment. Je m'empresse de faire le lit, un bon dodo!, nous l'avons bien mérité. Manque de chance la forte odeur de naphtaline me gêne beaucoup mais la fatigue est là et je m'endors.

       Le lendemain, grand beau temps qui durera tout notre séjour, Flo. ou DGF pour quelques initiés) me fait visiter le village où il a vécu ses premières 18 années, les maisons de ses frères, neveux et nièces et la maison de ses parents qui aujourd'hui appartient à son frère Anibal. Puis nous déjeunons dans un resto ouvriers qui nous à été recommandé par Marie-Madeleine. Très accueillant et pas cher du tout: un plat légumes-viandes (ou poissons) + un dessert et une boisson pour 5,50€. Ainsi nous mangerons au resto tous les midi pour moins de 6€. Ici, je veux dire dans la région, une chose me frappe, il suffi à Flo. de dire: «-Je suis le frère d'Anibal» et toutes les portes s'ouvrent sur un grand sourire!. Mais qui est donc cet Anibal si connu et respecté ?!.

       Après un rapide passage dans l'océan pour mouiller mes pieds; Je ne tardais pas à le savoir, l'après midi nous allons chez lui. Nous le trouvons en train de manœuvrer un engin de terrassement, il est entrepreneur en bâtiment. Quelle surprise! nous n'avions pas annoncé notre visite, les deux frères ne se sont pas vus depuis 6 ans. Grand, large et massif, une barbe qui descend des moustaches jusqu'au menton, la voix profonde, Anibal est imposant!!!. Je le regarde enlacer son frère, je ne comprend rien à ce qu'il dit mais je devine que dans cette immense carcasse il y a un bon cœur ému et chaviré. 
      

    La belle sœur Inacia était en train de faire cuire un cochon, morceaux confits à l'ancienne, boudin etc... Je suis si bien reçue qu'au bout d'une heure j'ai l'impression, malgré la différence de langue, de faire partie de la famille et il en sera de même avec tout le reste de la famille.

       Naturellement nous sommes invités à rester dîner et bien sur, goûter au cochon et à la soupe faite avec du pain de maïs et le bouillon qui a cuit le boudin auquel on a ajouter quelques feuilles de menthe!!!

       Le vin qu'Anibal fait lui-même n'est pas mauvais du tout, il ressemble un peu au rosé de Provence en plus sucré. Il veille à ce que mon verre ne reste pas vide... Pendant que les frères se racontent, je m'endors sur le fauteuil, réveillée par Antonia, la petite fille de 6 ans qui prétend savoir parler Français parce qu'elle connaît une dizaine de mots et se plait à me les répéter.

       Vers 23h nous quittons nos hôtes et là, dans la rue, je m'entrave les pieds sur le bitume irrégulier et je m'étale sur le macadam. Une promeneuse se précipite pour m'aider à me relever, elle m'enlace et m'embrasse, je ne comprend rien à son discours mais je sens que le cœur y est. Tout le monde y va de sa petite recette: glaçons, eau salée, médecins hôpital etc... Finalement je me traîne comme je peux jusque dans mon lit.

       Mais le lendemain matin, la douleur est toujours aussi vive, il est grand temps d'aller à l'hôpital de Leiria. Au urgence il ne faut pas être trop pressé, un peu comme ici. A la radio, le diagnostic est clair, j'ai une fracture à un os (j'ai oublié le nom) du pied gauche aussi j'ai droit à un plâtre tout chaud et une paire de cannes anglaises toutes neuves. le tout pendant 4 semaines.

       Je repars de l'hôpital avec le moral au ras des pâquerettes, nous passons un très mauvais mardi. 

       Le soleil aidant, le moral reviens. Avec un pied plâtré, nous devons quelque peu modifier notre emploi du temps, alors Flo. m'emmène dans la ferme où il est né, il ne l'avait pas vue depuis des années, il a le cœur serré. C'est sa Fageole à lui, petite bâtisse restaurée par Anibal suivie d'une bande de terrain de 120m de long sur 50 de large environ, découpée en 4 morceaux, un pour chacun des 4 enfants attribués par tirage au sort. Chacun doit traverser le terrain des autres pour entrer chez lui, une servitude obligatoire pas très pratique mais il n'y avait pas d'autre choix.

       Celui de Flo. est le 3ème, laissé longtemps à l'abandon, des broussailles ont poussées mais aussi une trentaine de pins. Situé dans une forêt, desservi par une route même pas goudronnée, ce terrain, c'est un paradis. J'ai immédiatement dis à Flo: «-Sur ce terrain, tu devais mettre un bungalow pour des vacances de rêves». 

     

       Et qui sait!!!, pourquoi cette idée ne fera-t-elle pas son chemin???. 

       En attendant, il a décider de nettoyer ses 1500m², c'est ainsi que j'ai passé de nombreuses après-midi à faire des grilles de sodoku dans les bois.

       Vous allez me dire qu'on peut faire la même chose à La-fageole, et bien non. D'abord ici il y a du soleil tous les jours, installée sur une chaise longue, j'écoutais le bruit que fait le vent marin dans les pins sylvestres, j'inspirais l'odeur des eucalyptus mêlée à celle des pins cela donne une senteur spéciale, le chant des cigales et des oiseaux, un calme apaisant qui invite à la méditation et aussi à la sieste à l'ombre ou au soleil à son grés.  

       L'immense forêt couvre plus de 11000 hectares (pinhal de Leiria) nommée aussi Forêt du Roi car vers l'an 1300, le Roi Dinis avait intensifié l'ensemencement pour freiner l'avancée des sables et fixer les dunes mais aussi pour une production intense du bois qui devait servir à la construction de bateaux, chacun sait que les Portugais furent de grands navigateurs. Cette forêt, toujours exploitée par l'état, est ouverte au public et dans la vallée de la rivière de Sãn Pedro de Moel des espaces pique-niques sont aménagés autour de fontaines où coule une bonne eau toujours fraîche. Là, nous avons mesurer un eucalyptus de 6,70m de circonférence et sur un autre était affiché: 35m de hauteur. Cet arbre très utilisé en charpente et diverses boiseries n'est plus planté depuis 5 ans, on lui reproche d'assécher les sols et donc les nappes. En traversant cette forêt, on peux aussi se rendre aux postes de vigies situés sur des hauteurs ce qui permet d'admirer l'immensité de cette cathédrale verte.

         Sur plus de 10 km, une succession de plages inondées de soleil bordent cette forêt traversées parfois par de petits ruisseaux qui naissent dans les dunes de Valeiras; bordées d'élégantes maisons de villégiature. Praia (plage) Olho du Samoco, Praia Pedras Negras,  de Pedrogão, de Pedra Douro, la lagune d'Ervediera. Quelques falaises avec des pins torturés par le vents, ils donnent l'impression d'être à genoux. Plus haut, la longue plage de Vieira invite au bronzage et quand le temps le permet, on vois les barques aux longues rames colorées qui attendent la marée pour prendre la mer, c'est le matin très tôt que partent les pêcheurs et à leur retour, les filets sont halés sur la plage et la vente à la criée commence.

       C'est à Vieira que nous avons passé notre dernière semaine dans une chambre prêtée par Anibal car il fallait rendre la maison à Marie-Madeleine qui venait d'arriver. La saison balnéaire venait de commencer, nous avons pu goûter aux spécialités culinaire et déguster l'inimitable "bacalhau grão de bico " (morue aux pois chiche), "dobrade o fiejão frade" (tripes aux haricots), "vitèla estufade" (veau mijoté).

     

     Nous avons aussi rendu visite à mon amie Amélia; j'ai retrouvé avec plaisir son petit village d'Ermegeira près de Torres Védras, dans une vallée très verte; visité un peu Lisbonne; Obidos ville fortifiée; l'incontournable Fatima où la vierge est apparue en 1917; Nazaré, sa plage et les femmes aux 7 jupons; Figueira da Foz; Batalha; São Martinho; Monte Réal la station thermale; Mafra; Mainha Grande, la citée du cristal...
     

       Le dernier jour, après avoir attendu 4h à l'hôpital pour qu'on m'enlève le plâtre, je me suis enfin précipitée dans l'océan pour tremper mes pieds (l'eau était chaude) une deuxième fois mais le drapeau était rouge alors, je suis allée faire mes valises. Je me baignerais la prochaine fois.

       Oui, il y aura des prochaines fois...!

       Puis traversée du centre de l'Espagne pour nous rendre en Andorre où une certaine personne nous attendait à Anyos mais chut, je ne suis pas la plus qualifiée pour parler de ce beau pays...

     

     Petite-Jeanne

     

     

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  • Commentaires

    1
    Lundi 14 Décembre 2009 à 15:21
    Le Portugal, voilà un pays que je visiterais volontiers.
    Ces photos ensoleillées donnent envie de vacances...
    Ton blog s'est vêtu de sa parure de fêtes, c'est très joli.
    Bon lundi
    Bises
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