•  (Deuxième partie)

       Deux véhicules arrivent sur les chapeaux de roues, ils stoppent, un devant un derrière, une flopée de policier entoure ma Clio. Cette fois Poussin rose réagit, elle escalade les sièges et se blottie contre moi, entourant ma taille de ses frêles bras, je la serre contre moi. Un policier m'ordonne de sortir, «-Elle a peur lui dis-je». Elle me regarde de ses yeux implorants, «- Viens avec moi, tu ne risque rien». Je m'extirpe comme je peux avec l'enfant collée à mon buste, on nous prend en photos. Je la prends dans mes bras pour monter dans le fourgon, elle est bien légère pour sa taille.

     

        Arrivés dans les locaux du commissariat, on nous fait entrer dans une grande salle. Tous ces gens autour de moi me donnent le vertige, je demande deux chaises, Poussin rose refuse de me lâcher. Questions et re-questions, vos papiers etc., j'ai l'horrible sentiment qu'on me soupçonne, j'ai un trac fou, au bord de la nausée, les larmes coulent sur mes joues, Poussin rose aussi a les yeux inondés. Soudain, je réalise qu'ils sont tous partis hormis une femme en uniforme assise prés de la porte. Je sens que l'enfant frissonne, elle a froid, moi aussi du reste, je le dis et quelques instant plus tard, on nous apporte une couverture, je nous entoure avec, il m'a semblé qu'elle respirait mieux. Avec ce qui me reste de raisonnement sensé, j'essaye d'imaginer ce qu'il va m'arriver, je vois l'avenir bien sombre et mon arrivée dans le Gers s'éloigner à grand pas.

       Deux policiers reviennent accompagnés par un couple. La femme se précipite sur nous et enlève la couverture, et on entend un long cri strident, qui a pour effet de figer tout le monde, je repousse la femme en disant: «-Elle a peur de vous madame!». Et je remets la couvrante. L'homme se met à me parler, je ne suis plus en mesure de continuer un interrogatoire, je regarde sa chemise en soie bleue qui doit bien valoir un mois de ma retraite et la femme avec un superbe tailleur, au moins trois mois de retraite. Je comprends qu'il s'agit des parents de la petite. Ainsi l'argent n'empêche pas le malheur!.

       Après avoir subi trois autres douzaines de questions, je tente d'expliquer: «-Un poussin, quand il sort de sa coquille, il prend le premier être vivant qu'il voit pour la mère et le suit. Un choc psychologique lui a fait tout oublier, provisoirement j'espère, et pour le moment, elle ne connaît que moi». «-Elle a raison, c'est exactement ça!». Une grande femme aux cheveux grisonnants était entrée. «-Je suis psychiatre, expert aux tribunaux». Ouf! Je vais enfin avoir une alliée pour me soutenir, il était temps.

       Je me trompai. Elle n’était pas là pour moi mais pour Poussin rose, elle a expliqué aux parents qu’ils devaient la laisser auprès de moi aussi longtemps que nécessaire. «-Mais c’est impossible, je suis à la retraite depuis ce matin et je vais dans le Gers». «-Alors, dit le père, si vous êtes retraitée, vous avez tout votre temps, vous allez venir chez nous et vous vous occuperez d’elle». «-Et bien dis-je, ce que je souhaite faire moi, ça n’intéresse personne?». «-Chère madame, la police recherche les auteurs du kidnapping, et vous verrez que chez moi, vous serez bien mieux qu’en prison». J’étais tellement suffoquée et indignée que je ne trouvais rien à répondre.

       Nous voilà partis dans une superbe limousine bleue foncée en direction de l'hôpital pour un examen clinique. Poussin rose n'a pas accepté de se laisser approcher, j'ai dû faire moi-même les gestes que le médecin demandait. Ensuite nous sommes allés dans la superbe résidence des parents, j'ai été accompagnée dans une immense chambre avec salle de bain le tout décoré de vert et de rose. Ouf, enfin un moment de repos, je vais enfin pouvoir aller aux toilettes sauf que poussin rose refuse toujours de me lâcher. Je vais devoir tout faire, y compris les gestes les plus intimes, avec cette enfant à mon coté. Pendant le repas, j'ai demandé grâce, SVP, plus de questions. Le père avait eu la délicatesse d'envoyer quelqu'un chercher ma Clio; ma valise m'attendait dans ma chambre, je devrais dire notre chambre, je tentais de m'endormir avec l'aide d'un tranquillisant, essayant d'oublier Poussin rose blottie dans mon dos.

       La vie s'est organisée peu à peu, tous les jours visite chez le psychiatre avec la maman, promenade dans l'immense parc de dix hectares avec "Flic", un berger allemand de 3 ans; lui seul avait le pouvoir de décrocher un sourire à la fillette.

       J'aimais ce parc qui était bien entretenu sur cent mètres mais qui se terminait dans un bois sauvage traversé par un ruisseau, un arbre mort servait de pont. J'incitais Poussin rose à cueillir les primevères et autres fleurs sauvages qui abondaient pour qu'elle les offre à sa mère, je faisais des bouquets de n'importe quoi pour tenter d'établir un lien entre elle et sa famille mais invariablement, dès que nous étions proches d'une personne, elle se recollait à moi, alors que seules, elle me lâchait pour sautiller autour de moi ou jouer avec Flic. Elle ne parlait toujours pas.

       Nous étions arrivés début mai, bien peu de progrès avait été fait, la police cherchait toujours les responsables de l'enlèvement mais l'enquête m'avais mise hors de cause. Personne ne pouvait m'obliger à rester, seule la tendresse que j'avais pour cette petite me retenait, j'aurai eu trop de remords de l'abandonner. Je vivais gratuitement dans une luxueuse demeure, mais ce n'était pour moi qu'une prison dorée.

       J'ai demandé à sa mère de nous suivre dans nos longues promenades quotidiennes au bois, à distance, pour qu'elle se rende compte de l'insouciance de l'enfant quand elle ne se sentait seule avec moi. «- Je le fais tous les jours!» Dit-elle. Je ne m'étais aperçu de rien.

       Un jour, les nuages se faisant menaçants, je décidais qu'il était prudent de rebrousser chemin. Nous arrivions prés de l'arbre qui nous servait de pont, la mère était là, elle avait grimpé sur une branche haute et avait du mal à redescendre, elle se démenait tant et si bien que la branche a cassé et un grand "plouf" s'en est suivi. «-Maman!» Je restais saisie un instant, Poussin rose avait crié!,  puis je me précipitais pour lui porter secours, elle était assise dans le ruisseau, elle pleurait et riait à la fois.

       Poussin rose avait enfin reconnu sa mère, encore quelques jours et je la laisserais à son destin parmi les siens retrouvés.
     C'est le 18 mai que j'ai repris ma route en direction du Gers.

       La liberté! La liberté oui mais aussi... LA SOLITUDE!. 

     

    Petite-Jeanne

     

        

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  • (Cette histoire est une fiction. Elle m'a été inspirée par les confidences d'une amie dont son enfant a été victime d'un enlèvement. Cette amie m'a demandé de garder le secret, secret bien lourd à porter et il a souvent hanté mes nuits!....)    

    En roulant sur la RN20, je pensais à la veille et souriais en pensant à l'éloge que m'avait faite mon chef à l'occasion du pot qu'il avait organisé pour mon départ en retraite. Sacré Monsieur Bertrand, toujours à râler pour des propos les plus futiles et était absent quand nous avions de vrais soucis. J'avais préparé deux ou trois tournures de phrases bien corsées en guise de représailles mais après avoir écouté son discourt, la vengeance n'était plus de mise, j'allais déboucher une bouteille de champagne qu'il m'a aussitôt prise des mains en disant: «-Chère Martine, n'allez pas vous blesser aujourd'hui car demain la liberté vous attend.» C'est vrai que j'ai toujours pensé que "retraite" et "liberté" étaient des mots synonymes.

      

    Après avoir passé trente huit ans à Levallois, j'en avais plus qu'assez de Paris et sa banlieue et assez du boulot de comptable et de Monsieur Bertrand. J'allais enfin retrouver mon cher pays: le Gers. Des amis m'ont prêté leur maison de vacances, la clé est là dans la boite à gants, je vais prendre mon temps pour acheter une petite maison et si besoin, la restaurer.

       Difficile la traversée d'Orléans je sentais la fatigue et je craignais que ma vieille Clio ne chauffe, je repérais au loin un bois, je ralentis et prend une route secondaire, je stoppe sous un gros pin sylvestre. J'attrape mon sandwich au saucisson et je me glisse sous la futée. Nous étions le 24 avril, une journée bien ensoleillée, les nouvelles feuilles d'un vert tendre frissonnaient légèrement, il faisait bon. J'aperçois une vieille souche qui m'invite au repos, je m'y installe en écoutant le gazouillis des oiseaux.

       Je me laisse aller à ma rêverie lorsque je distingue, adossé à un chêne probablement centenaire, quelque chose de rose. Curieuse, je m'approche et là, je n'en crois pas mes yeux. Dans une robe vichy rose, un poussin brodé sur la poitrine, deux chouchous roses retenant les couettes sur le haut de la tête, sandales et chaussettes roses, une fillette dormait.

       Je m'assois prés d'elle sur un tapis de mousse, je devais réfléchir. Comment une enfant âgée de 5 à 6 ans pouvait-elle se trouver là?. Il y avait bien une demi-heure que j'étais arrivée, je n'avais vu ni entendu personne, aucun véhicule ne s'était arrêté. Elle dormait toujours, je me lève pour faire les "cent pas", m'arrêtant de temps à autre devant l'enfant, j'avais l'esprit confus. Brusquement, elle se lève, regarde autour d'elle, me vois et aussitôt viens vers moi. Je m'agenouille devant elle et, en tentant un sourire je lui dis: «-Bonjour!». Pas de réponse. «-Comment tu t'appelles?». .... «-Tu es toute seule?». .... «-Tu t'es perdue dans la forêt?». .... «-Où sont tes parents?». .... Mon monologue commençait à s'épuiser, elle me regardait, ses yeux bleus grands ouverts. Je lui tends ma main en disant: «-Tu viens avec moi, on va chercher Papa et Maman.» Sans hésiter, elle met sa petite main dans la mienne.

       Je l'installe sur la banquette arrière de ma Clio après avoir pousser les cartons, je prends mon téléphone mobile et j'appelle la police. «- Bonjour monsieur, j'ai trouvé une fillette dans un bois». «-Où êtes-vous madame?». «-Je ne sais pas ». «- Comment ça vous ne savez pas?». «- Non, je suis en voyage sur la RN20, je me suis arrêtée pour me reposer dans un bois». Un dialogue de sourd s'installe puis je dis: «-Je viens de traverser un petit village, j'y retourne, je vous rappelle et je vous dis où je suis». «-Ok! Mais ne raccrochez pas!». Ben voyons, toutes mes unités vont y passer, je raccroche. Je fais demi-tour et je roule quelques minutes, Poussin rose ne bougeait pas, j'entre dans le village et me gare devant l'église. Pas besoin de recomposer le numéro, le téléphone sonne. «-Ici la police, nous avons été coupés, madame qui êtes-vous?» «-Martine Dubern». «-Où êtes-vous?». J'explique et j'attends, cette fois je ne raccroche pas, ce n'est plus moi qui paie. Je me retourne vers Poussin rose,.elle me fixe de ses beaux yeux, elle est calme, beaucoup trop calme et je me demande quel peut bien être le secret de cet enfant. Pendant ce temps, le policier m'inonde de question, je n'arrive plus à répondre, je sens l'angoisse me tordre les tripes, dans quel merdier suis-je tombée?.

    La suite lundi prochain

      

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  • fetes244.gif      La coutume de décorer le sapin est née en Égypte.
        En effet, l'arbre était en réalité une petite pyramide de bois qui imitait les gigantesques pyramides et qui était un symbole culturel.  Noël (2)

        Un voyageur rapporta cette idée de la terre des pharaons en Europe.
        Une partie des populations germaniques, scandinaves et russes l'adoptèrent pour célébrer le solstice d'hiver, le retour du soleil et la chaleur dont l'Égypte est le symbole. 


        Un disque solaire surmontait la pyramide. Plus tard, les arêtes de cette figure géométrique furent garnies de bâtonnets auxquels on mettait le feu. Si le feu atteignait la pyramide, l'année serait non seulement heureuse mais très fructueuse.

     

    Noël (1)

        Ce fut Martin Luther qui, au dire de certains, remplaça ce simulacre égyptien par le sapin, qui rappelait la pyramide par sa forme. Ses branches toujours vertes pouvaient être, même en plein hiver, un présage de printemps.

    N (3)    Ce sont les luthériens qui eurent l'idée de couvrir l'arbre de petites bougies, pour remplacer les bâtonnets de bois. Ces lumières représentent la vie et la foi.


        Voici une des belles légendes qui entourent l'arbre de Noël :

        Il était une fois en Allemagne, il y a très longtemps, un bûcheron. En rentrant chez lui, par une d'hiver claire mais glaciale, l'homme fût ébahi par le merveilleux spectacle des étoiles qui brillaient à travers les branches d'un sapin recouvert de neige et de glace.

      N (2)    Pour expliquer à sa femme, la beauté de ce qu'il venait de voir, le bûcheron coupa un petit sapin, l'emporta chez lui, et le couvrit de petites bougies allumées et de rubans.  Noël (3)

        Les petites bougies ressemblaient aux étoiles qu'il avait vu briller, et les rubans, à la neige et aux glaçons qui pendaient des branches.

        Des gens virent l'arbre et s'en émerveillèrent tant, surtout les enfants, que bientôt chaque maison eut son arbre de Noël.

    Et une autre:

        La légende raconte qu'il y a très longtemps en Allemagne, une maman s'affairait à

    préparer les décorations de Noël; l'arbre était dressé, la maison nettoyée et les araignées chassées. Le soir, le calme et la sérénité revenus, les araignées revinrent et découvrirent le sapin, elles entreprirent aussitôt l'assaut de l'arbre, le recouvrant de leurs toiles grises et poussiéreuses.   fetes490.gif
    N (5)    Lors de l'arrivée du Père Noël pour la distribution des cadeaux, il fut ravi de découvrir les araignées heureuses et satisfaites de leur travail de décoration du sapin, mais il ne pu s'empêcher de penser à la tristesse de la mère qui allait retrouver son arbre décoré de toiles.

        C'est pourquoi, pour satisfaire tout le monde le Père Noël transforma la décoration de fils grisâtres en fils d'or et d'argent. L'arbre de Noël se mit alors à scintiller et à briller de tous ses feux !


    Les légendes de Noël

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  •  W St Nicolas de Myre (3)   Dimanche, enfin lundi,  nous serons le 6 décembre, on fêtera Saint Nicolas, le patron des enfants.

        De nombreuses légendes racontent qu'il a fait plein de miracles autour de lui.

        Surtout, il fait le tour des villes, souvent avec son âne, dans la nuit du 05 au 06 décembre pour distribuer bonbons et friandises aux enfants sages. Les autres reçoivent une correction du Père Fouettard mais ce dernier est de moins en moins sollicité.

        Il se fête dans de nombreux pays au nord et nord-est de l'Europe mais aussi en Alsace et Lorraine dont il est le St Patron.

     

        « Ils étaient trois petits enfants qui, s'en allaient glaner aux champs, » comme dit la chanson, « Perdus, ils demandèrent l'hospitalité chez un boucher qui ne trouva rien de mieux que de les tuer, les découper et les mettre au saloir.

    Saint-Nicolas vint à passer sept ans plus tard et demanda à son tour l'hospitalité. Il insista pour manger le petit salé préparé sept ans plus tôt. Le boucher s'enfuit et Saint-Nicolas ressuscita les trois enfants. »

        C'est donc une légende heureuse, mais néanmoins assez effrayante. Selon certaines traditions, le père Fouettard qui accompagne Saint-Nicolas serait en fait le boucher de l'histoire. Pour lui faire regretter son méfait, ce dernier l'aurait condamné à l'accompagner lors de sa distribution de récompenses, en lui assignant la tâche de punir les enfants désobéissants.

    W St Nicolas de Myre (6)W St Nicolas de Myre (7)W St Nicolas de Myre (8)





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  •  Une poésie que j'ai apprise à l'école primaire, je l'ai trouvée tellement belle et triste que je la sais encore par coeur...

    Salut! bois couronnés d'un reste de verdure!
    Feuillages jaunissants sur les gazons épars!
    Salut! derniers beaux jours! le deuil de la nature
    Convient à la douleur et plait à mes regards!.

    Je suis, d'un pas rêveur le sentier solitaire,
    J'aime à revoir encor, pour la dernière fois,
    Ce soleil palissant, dont la faible lumière
    Perce à peine a mes pieds l'obscurité des bois!.


    Oui, dans ces jours d'automne ou la nature expire,
    A ses regards voilés je trouve plus d'attraits,
    C'est l'adieu d'un ami, c'est le dernier sourire
    Des lèvres que la mort va fermer pour jamais!.

    Ainsi prêt à quitter l'horizon de ma vie,
    Pleurant de mes longs jours l'espoir évanoui,
    Je me retourne encore, et, d'un regard d'envie
    Je contemple ses biens dont je n'ai pas joui!.

    Terre, soleil, vallons, belle et douce nature,
    Je vous dois une larme, aux bords de mon tombeau;
    L'air est si parfumé! la lumière est si pure!
    Aux regards d'un mourant le soleil est si beau!.

    Je voudrais maintenant vider jusqu'à la lie
    Ce calice mêlé de nectar et de fiel!
    Au fond de cette coupe ou je buvais la vie,
    Peut-être restait-il une goutte de miel?.


    Peut-être l'avenir me gardait-il encore
    Un retour de bonheur dont l'espoir est perdu?
    Peut-être dans la foule, un être que j'ignore
    Aurait compris mon âme et m'aurait répondu?....

    La fleur tombe en livrant ses parfums au zéphire;
    A la vie, au soleil, ce sont là ses adieux;
    Moi, je meurs;et mon âme, au moment qu'elle expire,  
    S'exhala comme un son triste et mélodieux.


    ALPHONSE DE LAMARTINE

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  •   Y en a qui croient que tout est facile!!!
      C’est bien beau d’avoir du temps!!! encore faut-il savoir quoi en faire: Il faut apprendre à réaliser ses vieux rêves, prendre soin de soi, se faire plaisir, s'accepter pleinement, développer son potentiel qui était en sommeil au boulot, développer et entretenir les relations avec sa famille, ses amis et explorer de nouvelles formes d'activités comme se réveiller à 9 h. sans réveil et faire une sieste. Apprendre la gestion de son temps, le maintien de la vitalité, apprendre à dire non sans se sentir coupable, apprendre ses propres limites, savoir tourner la page, savoir-faire une adaptation financière, savoir rompre avec la routine, un statut, une vie sociale, accepter la solitude que représente la perte de ses collègues, peur du vieillissement, perte d’un milieu stimulent, impossibilité de demander une promotion ni une augmentation, savoir exiger le respect de ceux qui vont au turbin, il s'ensuit une réorganisation totale de la vie!!! Vous qui allez bosser tous les matins, réjouissez-vous, les temps difficiles viendrons plus tard!!!


      C’était un coup de gueule pour rire que j’ai écris il y a quatre ans quand j’ai arrêté de travailler. C’est vrai qu’au début tout m’a paru plus simple, j’avais enfin du temps pour moi. Mais aujourd’hui j’ai soixante ans, âge du transistor et de la Déclaration universelle des droits de l’homme. Et avoir soixante ans c’est entrer dans ce que l’on appelle le « Troisième Âge ».
      Troisième âge ! Le pas a été franchi quand j’ai été invitée au repas des anciens offert en décembre de chaque année par la mairie. Cent cinquante personnes âgées étaient alignées autour de trois longues tables, j’étais la plus jeune hormis les membres du conseil municipal. La doyenne de 102 ans trônait en bout de table, et avec une voix très claire, elle nous a chanté : « On n’a pas tous les jours vingt ans ».
     
    Après l’excellent repas, l’orchestre (oui, il y avait un orchestre) a entonné quelques tubes des années soixante (encore ce chiffre), la moitié des gambettes dont la plupart devaient supporter une belle brioche, et les voilà parties à danser en rythme quelques tangos, tchatcha, valses, twist et autres Madison…. 
      L’après midi s’en est allée avec entrain, bonne humeur et à la bonne franquette!.
      Je me suis sentie toute bizarre d’appartenir désormais à cette catégorie, et je réfléchissais à cette troisième partie de vie. Sans doute devrais-je concevoir la vieillesse comme une forme de convalescence, afin de mourir guéri des épreuves que j’ai dû endurer pendant mon existence…
      Mourir guéri, c’est mourir consolé d’avoir vécu sa vie.

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  •  

        Ma meilleure amie a vécu au Pays Bas de 1969 à 2006.

       Pendant les 37 années de son exil volontaire, je lui ai rendu visite un très grand nombre de fois, au moins une fois par an et souvent plus. J’ai toujours (ou presque) fait le trajet en train, c’est dire que je connais le parcours comme ma poche, Quiévy-frontière, Mons, Bruxelles, Antwerpen, Roosendaal, Rooterdam, Nimegen, Arnhem. Dans ces trains internationaux, on rencontre toute sorte de gens, souvent sympathiques ce qui rend le trajet plus court.

       Un matin de 1993, sur le quai de Roosendaal, j’attendais ma correspondance pour Paris. A coté de moi, une toute jeune fille noire attendait aussi avec un sac de voyage. D’abord un sourire timide auquel je réponds, puis elle s’approche et me demande si c’est bien là le train pour Paris, je réponds par l’affirmative, je la sens très gênée, pourtant elle a envie de parler alors je l’y invite.

       Le train entre en gare, elle s’installe tout naturellement à côté de moi et me raconte qu’elle est africaine, de Guinée-Conakry. Son père est le ministre de l’agriculture de ce pays (excusez du peu), il l’a autorisée à voyager en Europe pendant les vacances. Je l’inonde de questions, elle y répond avec plaisir, l’été précédent, elle est allée aux Etats Unis. Les douaniers belges passent, son passeport est en règle, nous continuons notre bavardage, elle m’explique qu’elle va chez un cousin qui habite la banlieue de Paris.

       Là où ça ce corse, c’est avec les douaniers français, elle n’a pas de visa pour la France. Elle l’ignorait, c’est la secrétaire de son père qui avait organisé le voyage, le visa français avait été oublié. Ces messieurs lui demandent de les suivre, elle me jette un regard implorant, je suis impuissante, elle m’embrasse et s’en va. Cinq minutes plus tard, elle revient en pleurs et m’explique que les autorités lui ont demandé de descendre à Bruxelles pour aller au consulat français de Belgique demander cet indispensable visa.

       Dans un discours entrecoupé de sanglots, elle me demande de descendre avec elle pour l’accompagner, je refuse car j’ai mes enfants qui m’attendent, mais elle trouve tellement d’arguments que je finis par accepter. A Bruxelles, on se renseigne sur l’adresse du consulat, mais c’est assez loin, mieux vaut prendre l’autobus. Oui mais voilà, pour prendre le bus il faut des francs belges et nous n’en avons pas. Bon, pas de panique ! ; avec beaucoup de difficultés, nous finissons par trouver un guichet qui accepte de faire le change, elle sort de son sac de voyage un gros paquet de dollars américains enveloppés dans un sachet en plastique, je lui conseille de ne pas montrer qu’elle en a autant, elle est très étonnée que cette monnaie ne soit pas acceptée ici, il faut aussi trouver les consignes pour déposer nos bagages.

      

    Nous voilà assises dans le bus, le chauffeur nous parle au micro pour expliquer qu’en raison d’un problème assez confus le bus démarrera dans vingt minutes. Des oh-oh fusent d’un peu partout et une jeune femme commence à nous raconter sa vie, elle est tunisienne etc., etc., ma co-voyageuse en fait autant, le temps passe et les vingt minutes s’allongent. Voilà que la tunisienne explique que le consulat en question n’est ouvert que le matin, il est 12h10.

       Consternations ! . Mais les tunisiens sont un peuple très accueillant paraît-il, elle invite l’africaine chez elle, elle pourra y téléphoner à son cousin et y passer la nuit, demain matin elles régleront le problème du visa, elle connaît quelqu’un qui connaît…. Depuis un bon moment, je me sens inutile, aussi je dis que puisque tout est réglé, je peux reprendre le train. Elles approuvent d’une seule voix, la jeune fille et moi, échangeons nos adresses et retournons aux consignes reprendre  nos sacs. De la fenêtre du bus, elles me font un vague salut, je suis déjà oubliée. Je me sens un peu frustrée, je n’aurai jamais dû accepter de descendre, me revoici sur un quai, à attendre une heure encore. Je suis arrivée à la maison avec 4 heures de retard.

       Quelque mois plus tard j’ai eu la surprise de recevoir un courrier qui venait de ‘‘Guinea Conakry west Africa ’’, la jeune fille me remerciait de ma gentillesse et me racontait la fin heureuse de son périple en vantant l’amitié exceptionnelle qu’elle avait reçue chez la tunisienne-belges-francophone.

       Tout bien considéré, ce souvenir vaut bien 4 heures de retard !…. 

    Petite-Jeanne

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