• Hymne à la vie...

       Merci à vous tous, famille, amis et amis blogonautes d'avoir suivi cette deuxième histoire vraie, merci pour vos nombreux témoignages d'amitié.

    Parmi vous, inconnus de la toile, certain on reconnu leur propre histoire vécue dans les année 40 ou 50. Cette France rurale où les familles étaient le plus souvent nombreuses, certains parents étaient contraints de «placer» leurs enfants dans d'autres fermes où leur seul salaire était la nourriture. 

    Parmis vous, j'ai retenu les messages ici de Pierrou, un homme né dans le Cantal, voici son démoignage, il sera suivi des trois poèmes qu'il m'a adressé: 

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      Petite Jeanne,

       A présent que je vous connais mieux je me permets de vous appeler ainsi. Hier le hasard m'a amené sur votre site. Je me suis naturellement tout d'abord intéressé à Les Ternes. Je vous ai adressé un mot auquel vous avez eu la gentillesse de répondre. Puis l'heure d'arrêter l'ordinateur est venue, mais je me suis promis de revenir vers vous dès que possible. Je l'ai fait ce matin de bonne heure et y suis resté jusqu'au moment de rédiger ce texte.

       J'ai lu vos nombreux écrits et certains passages m'ont arraché des larmes car, voyez-vous, j'ai eu à peu près la même jeunesse que vous.

       Comme vous le savez je suis originaire du Cantal, de la région de St Flour plus précisément. Né en 1936 et l'aîné des sept enfants d'une famille pauvre, dès l'âge de huit ans j'ai été, durant la belle saison, placé dans les fermes pour la garde du troupeau. Cela faisait une bouche de moins à nourrir à la maison. Je quittais l'école avant les autres et y revenait à la Toussaint. A l'époque les contrôles de l'administration au sujet de la fréquentation scolaire n'étaient guère rigoureux.

       Lorsque j'eus obtenu mon certif, je passai la majeure partie de l'année dans les fermes. A 16 ans je devins bouvier, autrement dit je travaillai comme un homme. Très dur.

       J'avais 18 ans lorsque notre mère usée par les grossesses, le labeur et la maladie, mais aussi à cause de l'inconscience ou de l'incompétence de médecins, nous quitta pour toujours laissant derrière elle un gouffre de détresse.

       Puis il y eut le service militaire (très long) assorti d'un séjour en Algérie durant les évènements qui précédèrent l'indépendance de ce pays.

       Jusque là la vie, pour moi, n'avait pas été rose, loin s'en faut, mais cela continua. L'expliquer ici serait trop long.

       En tout cas, je suis tout de même arrivé à 75 berges et celui qui me dira que sous le ciel de France la raison du plus fort n'est plus la meilleure me fera, selon mon humeur du moment, éclater de rire ou bien mettre en colère.

     

       Bravo pour votre travail d'écriture et, si vous le pouvez, voyagez encore, vous en ramenez de si belles photos.

    Pierrou du Cantal

     

     HYMNE  A  LA  VIE

    Malgré le temps qui passe,

    Malgré la fuite des jours

    Chante et jamais ne te lasse.

    Chante, chante encor et toujours.

     

    Chante le jour naissant,

    Le soleil source de vie,

    Le ciel du soir flamboyant

    Où Vénus la première luit.

     

    Chante comme l’oiseau libre,

    Comme le rossignol joyeux,

    Joint ton chant à ses trilles

    Qui sont une prière aux cieux.

     

    Chante la rose qui embaume

    Au passage du doux zéphyr

    Et la lumière qui abonde

    Sous un ciel de saphir.

     

    Chante la moisson qui se dore,

    Les épis qui s’inclinent,

    L’alouette qui grisolle

    Dans l’azur d’un matin sublime.

     

    Chante la vie, chante l’espoir,

    Chante la paix sur la terre,

    La fin des luttes barbares,

    Des souffrances et des misères.

    Chante, chante encor et toujours. (Pierrou du Cantal).

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    à suivre...

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  • Commentaires

    14
    Lionel
    Mardi 13 Novembre 2012 à 23:16
    Euh, je te demande pardon. Je viens de faire un commentaire que je n'ai pas placé au bon endroit. Peux tu le rectifier ?
    Bises Lionel
    13
    Lundi 5 Mars 2012 à 21:18
    C'est sur ce joli texte d'hymne à la vie que je dépose (rapidement) une petite pensée amicale.
    J'espère que tu me pardonneras de ne pas prendre le temps de lire tes jolis textes, ce n'est pourtant pas l'envie qui m'en manque.
    Au plaisir de te lire.
    Amicalement
    12
    Dimanche 26 Février 2012 à 16:25
    Bonjour Petite Jeanne

    Quel émouvant témoignage ! Qu'elle était dure cette époque !
    Passe une bonne semaine.

    Je te souhaite une bonne fin de journée.

    Gros bisous.

    Marishka
    11
    Jeudi 23 Février 2012 à 14:26

    Exactement Margareth!:

    Si un jeune d'aujourd'hui commence à travailler à 25 ans, il aura:

    25 ans à la charge des parents, 35 ans de cotisations (retraite à 60 ans), 25 ans de retraite!.

    On ne doit pas se bercer d'illusions, le financement est impossible à long terme... 

    10
    Jeudi 23 Février 2012 à 12:57
    C'est une très bonne idée de nous avoir communiqué l'expérience de Pierrou. Maman nous disait en effet que les filles des fermes avec lesquelles elle était en classe partaient avant la fin de l'année scolaire pour garder les vaches aux champs (mais je ne me souviens plus vraiment à partir de quel mois) et qu'elles rentraient plus tard que les autres élèves. Mais il y a peu, à la radio, j'ai aussi entendu qu'à cette époque l'année scolaire était plus courte que celle d'aujourd'hui, justement pour que, dans la France rurale de l'époque, les enfants puissent aller aider aux champs. Il est bon de le rappeler à ceux qui prétendent que si l'âge de la retraite était repoussé à 65 ans (comme je l'ai entendu sur les ondes) personne n'aurait jamais travaillé aussi longtemps !
    9
    Mercredi 22 Février 2012 à 19:54
    Bravo à Pierrou pour ces mots touchants et son joli poème. Ma mère a eu une première partie de vie aussi difficile que la vôtre, placée à 14 ans pour servir de bonne. Bisous
    8
    Mercredi 22 Février 2012 à 15:05
    De très jolis mots de Pierrou.
    Bon mercredi Petite Jeanne, ici très printanier.
    7
    Mardi 21 Février 2012 à 17:31

    Euh non, je peux supprimer mais pas déplacer.

    Pas grave, il va très bien où il est.

    Merci de tes visites sur mon blog, bonne soirée.

    6
    Mardi 21 Février 2012 à 14:24
    Bonjour Jeanne,
    Il est vrai que rentrer dans l'intimité d'une personne est quelquefois difficile ! On se sent un peu mal à l'aise car on n'a pas connu cela et on a peine à imaginer que cela est pu exister. Et on lit tout sans pouvoir s'arrêter et parfois il m'est arrivé de verser des larmes. Mais j'ai eu aussi un peu de révolte de voir comment les enfants étaient traîtés mais on va dire que c'était l'époque !!!
    Enfin tout ça pour te dire que ces moments de la vie d'autrui apportent aussi un peu de recul à sa propre vie. On se rend alors compte que la vie a été clémente et on se prend à remercier le ciel au-delà de ce qau'on aurait pu le faire auparavant ! Merci pour cette leçon de vie, merci aussi à Pierrou pour cet hymme à la vie aussi fort ! à très bientôt. bise marie
    5
    Lundi 20 Février 2012 à 19:07
    holala que d'émotion sur ton blog, et cet homme un régal à lire aussi , bonne semaine ma belle big bises
    4
    Lundi 20 Février 2012 à 18:16
    Bonsoir Petite-Jeanne.
    C'est vraiment un très bel hommage qui vous est rendu là, par Pierrou du Cantal. Bravo à lui, bravo à vous et à votre compagnon.
    Bonne soirée
    3
    Lundi 20 Février 2012 à 18:08
    contente pour toi , tatie, d avoir fait cette rencontre. tres joli poeme aussi
    2
    Lundi 20 Février 2012 à 18:07

    Merci Vikki.

    Oui le principal est de manger à sa faim, d'ëtre logé et chauffé, ce qui malheureusement n'est pas  toujours le cas.

    Mais ils n'ont pas internet et ne peuvent pas nous le dire...

    Bonne soirée

    1
    Lundi 20 Février 2012 à 14:27
    coucou
    l'hymne a la vie a écrit par Pierrou du Cantal est
    vraiment magnifique . bravo Pierrou !

    tu vois petite Jeanne , en racontant la dure vie de
    ton compagnon , on se rends compte que beaucoup ont vécu
    une vie trés dure que ce soit au Portugal ou même en France . les temps ont beaucoup changé fort heureusement ,
    même si , aujourd'hui , c'est un peu trop a mon goût , comme quoi , il n'y a pas de juste milieu .

    moi , je suis née en 55 , même si ce n'était pas tous les jours " extra " j'ai toujours mangé a ma faim , et ça !
    c'est le principal pas vrai . bonne journée a toi !
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