• 30 Le handicap

    En 1969, j’habitais donc à nouveau chez mon frère André à Gourdon,  j’ai travaillé chez des petits bourgeois, notable de la ville, à faire le ménage. Après mon service, je restais volontiers bavarder avec la patronne, une femme charmante. Un jour, elle me dit que sa fille voulait me parler. Très étonnée, car je la connaissais très peu, j’accepte le rendez-vous fixé à son magasin de chaussures. Et là, dans l’arrière-boutique, entre deux clients, toute l’après-midi, elle m’explique très longuement, sans me laisser la moindre chance de placer un mot, quelle désire m’engager pour tenir sa boutique à mi-temps, pendant qu’elle vaque à d’autres occupations. Où est passé le temps bénit où on venait vous chercher pour du travail ? !!!  J’étais très gênée car je savais depuis le début de l’entretien que ma réponse serait négative, j’avais d’autres projets.

    En effet, des douleurs dans mes hanches se faisaient chaque jour plus incisive, je devais consulter sans tarder. Trop de bals, trop de travaux pénibles, le résultat des examens a été très clair et sans appel, je devais me faire opérer.

    Rendez-vous prit dans une clinique de Toulouse pour l’opération, puis transfert à l’hôpital de Gourdon car je devais rester 3 mois au lit, la jambe dans une attelle, attendre la cicatrisation des os. Trois mois au lit, c’est vraiment très long surtout à 21 ans. J’ai ainsi redécouvert mon handicap que j’avais oublié…

    Au bout des trois mois, nouveau transfert dans le centre de réadaptation fonctionnelle: Bagnères De Bigorre (65) a été choisi.  Un très bon choix, aux pieds des  Pyrénées, l’Eau Thermale, particulièrement abondante, provient de plusieurs sources naturelles et souterraines. Cette eau est captée à près de 200 mètres de profondeur, au niveau des couches de sol abritées des pollutions de surface par 2 forages, naturellement chaude, elle est extraite à 50°C. Durant son très long parcours sous-terrain, l’eau s’enrichit et se charge en sels minéraux des sous-sols qu’elle traverse, devenant ainsi sulfatée, calcique et magnésienne.

    Logés à l’hôpital, les patients étaient, deux fois par jour, entassés dans des vieux autobus qui nous conduisait au centre thermal situé à deux kilomètres. Au début en fauteuil roulant puis avec des cannes.  Dans une immense salle, à l’aide de ficelles, poids et poulies, la rééducation était intensive. L’après-midi à la piscine, j’ai pu terminer mon apprentissage à la nage interrompu quelques années auparavant. C’était dur  mais efficace, en fin de séjour, nous étions toute une troupe bien sympathique  à nous balader en ville, vivement encouragés par les kinésithérapeutes.

    Sitôt remise, deuxième opération programmée et  même parcours. Cette année-là, passée dans ces soins, m’a permis de passer définitivement de l’adolescence à l’âge adulte avec forcement des remises en questions…

    Accepter mon handicap a été très difficile.

    Pendant ce temps, Gérard était parti au service militaire, lors de permissions,  il venait me voir à Bagnères et pour la première fois, nous avons dormis à l’hôtel. Notre avenir était incertain mais c’est là que nous avons décidé de nous unir contre l’adversité, c'est-à-dire contre sa mère.

     

     

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