• 28 L'hôtel du Touring

       Bon, je me suis occupée quelques temps de ma mère mais je n'avais plus de travail. Alors, nous avons trouvé deux places dans un hôtel de tourisme à Saint-Céré. Monique servait en salle et moi, comme je n'avais aucune d'expérience, je ne faisais que du ménage, elle a eu la gestion du deuxième étage et moi du troisième et dernier. Il fallait faire les lits, les draps, le nettoyage, le matin, monter les plateaux des petits déjeuners, l'après-midi, repassage etc..., on faisait beaucoup plus de quarante heures mais on ne se plaignait pas, mai68 était encore trop proche.

       Cet hôtel-restaurant comptait une bonne cinquantaine de chambres, et pour venir à bout de tout ce travail, nous étions une vingtaine de jeunes, garçons et filles en plus des patrons. Malgré leur autorité, la bonne humeur régnait et nous nous faisons des plaisanteries entre nous, l'après midi, nous avions une coupure d'une ou deux heures et souvent le soir nous sortions en ville. Que de blagues nous avons fait!. Échanger les chaises les terrasses des cafés, échanger les pots de fleurs chez les particuliers, boire le lait qui était déposé devant les portes et même accrocher une culotte dans la main de la statue qui était sur la place!... 

    Nous avions fait la connaissance de deux jeunes hommes, enfin pas si jeunes que cela car ils avaient déjà pu s’acheter chacun une très grosse moto, ils avaient la réputation de rouler très vite si bien que personne ne voulait être leur passager. Monique mourait d’envie d’essayer, moi qui étais, des deux,  l’élément modérateur,  je refuse tout net. Elle a insisté tant et si bien que j’ai fini par dire oui. Et nous voilà parties, en petite jupette et cheveux au vent, sans casques, pour une virée sur les routes sinueuses du Lot, entre Saint Céré et Teyssieu (les connaisseurs apprécierons, les descentes dangereuses sont signalées sur viamichelin) sous les grands arbres qui bordaient la route.

     Je ne peux pas dire à quelle vitesse nous avons roulés mais lorsque j’ai posé pieds à terre je ne savais plus marcher droit, mon estomac n’était plus à sa place et j’avais l’esprit quelque peu embrouillé… Mon expérience ‘‘moto’’ c’est arrêtée là.

       ""Le frère de Jeanne avait lu quelque part une annonce, lhôtel du Tourisme à saint Céré cherchait des employés. Jeanne et moi nous y sommes allées et avons été engagées.

       Cétait un travail de serveuse et de femme de chambre. Léquipe était très sympathique; garçons et filles, et le week-end, après le travail, nous sortions ensemble et nous rentrions souvent à laube. Je me suis beaucoup amusée pendant cette période! Javais tellement de temps à rattraper!.""   (M.B.) 

      

    Un jour, Monique me dit: «-Il y a un petit client hollandais au 2 (chambre2) qui me donne toujours des pommes, il doit croire que les Français ne mangent que des pommes!». Car nous faisions aussi des blagues à la clientèle, par exemple un jour une cliente avait laissé une chaussure au fond du lit, dans les draps, sans doute pour vérifier si les lits étaient fait correctement, alors nous avons mis la deuxième chaussure bien rangée à coté de la première. Elle n'a pas manqué de se plaindre à la direction, celle-ci nous a demandé d’aller doucement dans nos plaisanteries, mais ce n’était pas bien grave. Toutes les occasions étaient bonnes pour rigoler, ça ne nous empêchait pas de travailler dur ni d'aller au bal le soir. 

      Alors un soir, au bal, Monique me dit: «-Regarde, il y a le client du 2», il était tout timide dans un coin!, je lui dis: «-T'es pas chiche de l'inviter à danser!» elle dit: «-Pas chiche moi, je ne m'appelle plus Monique!». Elle l'a invité à danser, il a accepté avec un sourire béat, alors comme je dansais aussi, je m’arrangeais pour passer tout près et je le poussais toujours vers elle, il se confondait en excuses et nous on rigolait!. Au moment de partir, je lui dis: «-Vous avez demandé la clef?». Car la nuit l'accueil était fermé, on donnait une clef aux clients pour qu'ils rentrent à l'heure qu'ils voulaient. Il dit: «-Ah non, je ne savais pas!». Nous on lui dit: «-Ce n'est pas grave, venez avec nous, on va vous faire entrer par l'escalier de service». Cet escalier était très étroit et en colimaçon, Monique, passe devant, moi derrière et le client au milieu, on n'avait pas trop de lumière, puis d'un coup, j'entends un qui manque une marche et puis ça n'avançait plus. Je m'égosillais à demander si personne n'avais de mal, et comme je n'avais pas de réponse, au bout d'un moment, je me suis aperçue qu'ils s'embrassaient, alors je suis redescendue, et j'ai attendu sur la dernière marche, qu'on veuille bien me laisser monter.

     

       ""Pendant la même période, il y avait à lhôtel un client hollandais très gentil, F.......

      
    Je discutais parfois avec lui, je lui plaisais... moi, je le trouvais un peu trop intellectuel! et je dois dire que, physiquement il ne me plaisait pas trop!. Il n
    était pas tout à fait le genre dhomme que je préférais.

       Avec toute léquipe de lhôtel, nous allons au casino pour le pot dadieu du cuisinier. A une table voisine, il y a le client du 2 "F......" Jeanne me dit: "va linviter à danser!". chiche!   Et je lai invité à danser... mes pieds en ont souffert!!! Mais il ma offert un verre de champagne, je lai refusé, jétais avec mes amis de lhôtel. Le soir il est rentré à lhôtel avec nous, heureusement car cétait fermé!   En haut de lescalier, il ma embrassé timidement sur la joue et nous sommes rentrés chacun dans notre chambre.Quelques jours plus tard, il est reparti avec son groupe de touristes hollandais... Nous avions échangé nos adresses, on sécrira!

    Ses cartes ne se firent pas attendre longtemps... et nous avons échangé des lettres pleines de tendresse...""   (M.B.) 

       Et c'est ainsi que Monique et F..... se sont mariés en mai 1969.

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  • Commentaires

    3
    LITHA BRIGITTE
    Mardi 13 Novembre 2012 à 23:25
    Etant native de Saint Céré ma mère ayant travaillé dans cet hotel à cette période, j'ai lu cet article avec plaisir..iL S'agit del'hotel tenu par M et Mme Griffoul je pense...
    2
    Lundi 19 Mars 2012 à 18:47
    j'aime beaucoup te lire ,et comble du plaisir j'aime cette région. Que nous avons eu l'occasion de découvrir quand,
    notre fils est partie apres ses études vivre dans le LOT, pour son travail . Il vit avec sa petite femme et ses deux enfants depuis 10ans déjà!!!! à Figeac trés jolie petite ville ainsi que les environs, d'ailleurs !
    J'aime beaucoup cette région, s'il fallait partir du Midi c'est là que j'irais vivre !!
    bisous
    1
    Jeudi 6 Novembre 2008 à 10:22
    Merci Brigitte de ta visite. Oui, c'est bien le même hôtel. Saint Céré!... Une si belle ville remplie de mes souvenirs de mes 20 ans...
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