• 112: Préparation au départ

    Suite...

    Mais il n'y avait pas de service militaire?.

    Si mais j'ai demandé avant tout l'autorisation au ministre de l'armé pour pouvoir quitter le territoire. Et il me l’a accordé, la majorité à l'époque était comme ici, à 21 ans.

    Et tu as été dispensé parce que tu est parti travailler en France?.

    Oui, je n’avais pas encore 18 ans. Donc, il me fallait la signature des parents. De toute façon, je leur avais dit: - sinon je fais une connerie!.

    A l'âge d’aller à l'armé j’étais ici, je suis allé au consulat et j'ai demandé un report, comme un étudiant, jusqu'à 27 ans. Pas le droit de rester là bas plus d’un mois. De toute façon je n’y suis pas allé pendant 17 ans. Et après mes 27 ans, étant toujours à l'étranger, j'ai pu racheter mon service militaire. 0 L 1 (1)

    Comment tu as fait pour préparer ton voyage?.

    Ben, j'ai toujours été en règle avec le consulat. Sauf que j'ai toujours fait du déplacement, personne de ma famille savait où j’étais.

    C'était pas interdit!.

    Non, le seul interdit c’est moi qui me le suis imposé, envers la famille c’est tout, dû au fait que je me suis marié ici. Et une des choses que je regrette aujourd’hui, c’est d’avoir fait çà. Pas de me marier ici non, de ne pas avoir donné de mes nouvelles pendant si longtemps. Regarde!, moi j'ai dû arriver fin 1960 je ne sais plus, mon fils est né en 1964.

    Tu as eu vite fais!.

    Alors tu vois, c’est certainement courant 1963 que j'ai coupé les ponts.

    Mais tu les as avertis qu'ils allaient être grand-parents?.

    Non, pas vraiment. Eux, ils ne voulaient pas du tout que je fasse ma vie ici surtout avec une Française car les femmes Française avaient la réputation d'être légères, les Portugais n'avaient pas confiance. Mes enfants n’ont jamais été déclarés au consulat, ma femme non plus, seulement la date du mariage c’est tout. Dans les papiers portugais que j'ai moi, c’est marqué ‘marié´ mais pas avec qui ni rien. Seulement, ma fille est allée là-bas pour travailler et elle leur a dit, mon père est portugais j'ai le droit d'avoir la nationalité Portugaise. Ils ont demandé mon nom et là, ils lui ont donné le nom de sa mère, des grands-parents français et portugais, et elle a la double nationalité, mon garçon non.

     

    Avant de venir moi, d’abord j'ai dû justifier que j’avais le métier correspondant au contrat qui avait été envoyé là-bas; à la junte nacionale de immigration. Ensuite, autorisation des parents, moi javais à peine 18 ans, après, autorisation du ministère des armés, si tu étais manœuvre, il fallait un contrat de manœuvre, moi j’étais maçon. Après x divers examens médicaux, attends, avant il fallait justifier que tu avais au moins le certificat d'études pas question denvoyer à l'étranger des analphabètes. Il fallait montrer que tout le monde savait lire. Déjà, pour avoir tout ce que je viens de dire, il fallait des mois et des mois.

    0 L 1 (2)C'était encore la dictature au Portugal à cette époque là?.

    Ben oui! et la guerre en plus dans les colonies. Après, commençait les examens médicaux, il fallait des certificats un peu de tout et être vraiment en très bonne santé et pouvoir le prouver.

    Donc avoir les moyens d'aller chez des médecins.

    Ah oui, beaucoup d'argent sans être remboursé. Je vais te donner un exemple tout bête: Les femmes, je ne sais pas comment vous êtes faites, mais nous les hommes, nous n’avons pas les épaules au même niveau. Mais il y a une juste mesure, au-delà, ils refusaient, il y en a une qui est plus haute que l'autre. Tu savais pas ça?.

    Non, je ne savais pas.

    Attend, après que l’on avait tout réunis, on envoyait ça à la junte nacionale de immigration, on recevait une convocation pour se présenter à Lisbonne, au minimum trois jours. Là, on ne payait que le train, logé et nourri, on ne payait rien. Tu me vois moi, arriver à Lisbonne de ma province?.

    Ben, tu devais être un peu perdu!.

    Je suis encore à l'arrêt du métro à attendre qu’il me prenne, il passait mais ne s’arrêtait jamais. Je suis allé voir quelqu’un et demandé:

    «-Je suis là depuis longtemps et le métro s'arrête jamais!».

    «-Vous lui avait fait signes?».

    «-Non».

    «-C’est vous qui devez lui faire signe!».

    Ne te moque pas de moi toi, je ne savais même pas ça. Et je suis resté trois jours, lavage de cerveau, puisqu’on représente le pays, on ne doit pas faire de la politique, pas de syndicat, pas de manifestations, pas de grève et tout et tout quoi. Et ça, toujours à poil dans une pièce. Et quand tu es là, interrogé, tu perds tous tes moyens, le risque c'était, selon eux, d'être expulsé.

    C'était humiliant d'être traité comme ça!.

    Oui c'était fait pour.

    C'est barbare comme méthode!.

    Après on te demande quand tu veux partir, moi tu sais j'ai dis le premier train. Là, on te donne un tas de papiers et un billet de train avec un arrêt en Espagne, avant de passer la frontière Française, contrôle médical côté espagnol mais par des Français.

    Encore!, ils étaient fous à cette époque.

    Pour vérifier que tous les certificats correspondaient et pour vérifier si tu n’avais pas contracté une maladie en cours de voyage. Ensuite, ils te donnaient un casse croûte, tu montais dans un taxi pour traverser la frontière, ensuite dans un train jusqu’à destination.

    Il fallait avoir une volonté de fer!. 0 L 1 (3)

    Un gars m'attendait à Bordeaux, m’a pris en voiture, il était portugais lui, sinon moi je ne comprenais rien, il m’a amené à Mérignac dans un hôtel restaurant, et là, il était dix heures du soir passées, tout le monde avait mangé, moi, on m’a fait deux œufs sur le plat, du pain et une bière. C’est moi qui devais payer la pension. Et le lendemain j'ai suivi les autres jusqu’au chantier, c'était juste à côté, un grand chantier, avec bureau comptable et tout sur place. C'était une boîte parisienne mais moi, j’appartenais à l'antenne de Bordeaux. Toute la journée, ils m’ont conduit partout pour faire tout les formalités en ville.

    C'était pas fini les formalités?.

    Non, ici il faut te déclarer à l'ANPE, à la préfecture, à la mairie et d'autres.

    Un vrai parcours du combattant.

    Oui, ils ne te lâchent pas comme ça dans la nature. Et alors le lendemain, je suis arrivé au chantier, un chef m’a pris avec lui et m’a conduit où des murs avaient été tracés, il m’a fait amener des parpaings, du mortier et m’a fait comprendre que je devais maçonner. Ensuite il passait de temps en temps pour voir…

    Et après, il y a encore à raconter, mais une autre fois si tu veux, alors tu vois, des misères j'en ai connu dans cette vie pourrie.

    A suivre (113)...

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  • Commentaires

    12
    agnes
    Mardi 13 Novembre 2012 à 23:16
    bonjour,
    c'est très joli ces petites fleurs qui décorent les articles, c'est frais et chaleureux à la fois !
    bon dimanche !
    bises
    11
    Vendredi 3 Février 2012 à 19:44
    C'était donc encore plus compliqué que maintenant ! Ton ami avait beaucoup de volonté pour un jeune. Bisous
    10
    Samedi 21 Janvier 2012 à 16:50
    Bonjour Petite-Jeanne


    Un p'tit passage en copié/collé, pour ménager mon dos. Je ne tiens pas longtemps assise sur mon fauteuil...

    Je te te souhaite un bon week end.

    Bonne fin de journée.

    Gros bisous.

    Marishka
    9
    Vendredi 20 Janvier 2012 à 18:07
    kikou petite Jeanne , je rentre de cueillir du mimosa et je passe dire bonsoir aux copines bon week-end big bizzzzzzzzzzzzzzzz
    8
    Jeudi 19 Janvier 2012 à 16:19
    Bonjour Petite-Jeanne
    D'une façon générale, la vie n'est facile pour personne (vous en savez quelque chose), mais elle est tout de même bien dure pour certains.
    Bonne fin de journée.
    7
    Jeudi 19 Janvier 2012 à 12:28
    Bonjour Petite Jeanne,
    L'histoire continue, j'ai toujours plaisir à la lire.
    Une vie vraiment pas facile.
    Les perce neige, j'aime bien comme fleurs, dommage ici il n'y en a que très peu. Petite qu'est-ce que j'ai pu en ramasser.
    Bonne journée de jeudi ici très ensoleillée
    6
    Jeudi 19 Janvier 2012 à 12:14

    Merci Jetelle mais ce n'est pas moi qui l'ai écris, c'est lui-même.

    Je n'ai fait que la mise en page.

    On ne peux pas écrire l'histoire des autres...

    5
    Jeudi 19 Janvier 2012 à 12:08
    Récit d'une vie pas vraiment facile.
    Tu l'as très bien écrit.
    Merci pour ce partage.
    Belle journée à toi. Bisessssssssssss
    4
    Lundi 16 Janvier 2012 à 19:31
    COMME IL DOIT APPRECIER ? SA VIE ACTUELLE QUEL COURAGE BIG BISOUS
    3
    Lundi 16 Janvier 2012 à 15:25
    coucou petite Jeanne
    et ben , c'était pas facile a cette époque
    de changer de Pays .
    bonne journée a toi . bisous !
    2
    Lundi 16 Janvier 2012 à 11:45
    beaucoup de courage !! moi cela a été bien plus facile. visite médicale, obligation d'adresse et logement et la preuve que tu vas etre embauchée. visite, analyse et radio, le tout payé par l'entreprise qui t'avais déjà embauché avant mais pas déclaré. Les droits pour 1 an . renouvelable 2 fois pour 2 ans et ensuite ,1 pour 5 ans et ensuite pour 10 ans . après je ne sais pas.
    1
    Lundi 16 Janvier 2012 à 10:39
    Bonjour Jeanne,
    Je reviens un peu sur le net mais en ce moment pas trop le temps c'est le bilan dans l'entreprise où je travaille !
    Eh bien c'est un vrai parcours du marathon !!! je pense qu'il lui a fallu beaucoup de courage et de ténacité pour en arriver là ! je lui dis bravo et chapeau à ton compagnon.
    bise et à très bientôt. marie
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